28 novembre 2005.

S’inscrivant dans le cadre des orientations royales en vue d’un code d’urbanisme. La première rencontre nationale des Agences Urbaines débouche sur de pertinentes perspectives

Sous la présidence de M. Taoufiq Hjira, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, la première Rencontre Nationale des Agences Urbaines a clos, vendredi, deux journées de travaux par l’énoncé du « Rapport général » final qui fait état notamment des recommandations, remarques et conclusions notoires de cette grande première nationale organisée dans l’enceinte du Palais des congrès de Fès.

Toutes les Agences Urbaines étaient représentées - une vingtaine - à ce rassemblement, ainsi qu’autant d’Agences Urbaines françaises des villes de Dunkerque, Clermont Ferrand, Mantes-La-Jolie, Bordeaux, Marseille, Metz, Nancy, Strasbourg en particulier.

La séance d’ouverture a été marquée par les allocutions du président du Conseil de la ville de Fès, du délégué général de la Fédération Française des Agences Urbaines et du directeur général de l’Urbanisme marocain.

S’ensuivirent alors les séances plénières de travaux qui ont alternativement concerné les cas d’Agences marocaines et françaises.

Nancy et Metz ont présence le « Projet de Sillon Lorrain », l’Agence d’Agadir : « Le schéma d’aménagement territorial de l’Aire Métropolitaine d’Agadir ». Puis ce fut le tour du « Projet Métropolitain de Marseille », « Le Développement Urbain du Gharb-Chrarda- Bni Hssen ».

L’Agence de Strasbourg détailla le cas singulier inter-européen de la « Métropole Transfrontalière Euro-district Strasbourg-Ortenau ».

Puis ce furent successivement les projets de « Développement touristique de Fès et Région », le « Schéma stratégique de développement du grand Casablanca, du « Territoire de l’Est Parisien », « Agglomération de Dunkerque », le « Projet urbain et remodelage d’un espace en mutation de Béni-Mellal », du « Projet du grand Clermont-Ferrand » et enfin la « Démarche du projet urbain de Taza ».

La séance de clôture a été marquée par le discours d’orientation du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme.

Après avoir remercié les directeurs nationaux et directeurs d’Agences françaises pour leur participation studieuse et fructueuse, ainsi que les institutionnels et opérateurs nationaux de leur louable contribution-interventions et organisation de cette première nationale, M. Taoufiq Hjira a prononcé une allocution qui fit le tour de contraintes, préoccupations et perspectives du phénomène urbanistique du Royaume du Maroc.

S’agissant des contraintes, le tableau décline les constats suivants :

-  Gestion horizontale de l’urbanisme ;

-  Dégradation du paysage urbain ;

-  Absence d’organisation spatiale en milieu rural ;

-  Faiblesse du taux de réalisation des prévisions des documents d’urbanisme, particulièrement au niveau des équipements publics et espaces verts ;

-  Couverture de moins 70% du territoire en documents d’urbanisme ;

-  Négligence de l’environnement, des accessibilités, du transport et de la circulation ;
-  Interventions dispersées sur les tissus anciens ;

-  Système foncier complexe et non maîtrisé ;

-  Absence d’un règlement général de la construction ;

-  Agences Urbaines pauvres au plan des prérogatives et ne couvrant pas la totalité du territoire national.

Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme ne manqua pas de préciser en l’occasion que si les Agences Urbaines marocaines participent de fait aux prises de décision en matière d’urbanisme, elles ne détiennent guère l’exclusivité de la responsabilité.

Sur ce, M Hjira se félicita des avancées de certaines Agences Urbaines pour la conception du « projet urbain », la réduction des délais d’octroi des autorisations (300 communes) malgré la faiblesse des moyens, ainsi qu’à la participation à la création de villes nouvelles, identification de potentialités foncières et nouveaux espaces urbanisables pour la réalisation de l’objectif : 100.000 logements.

M. Taoufiq Hjira donna par la suite la vision à venir des rôles nouveaux des A.U.M, à moyen et long termes.

Ainsi du professionnalisme dans l’analyse, l’orientation et le suivi, la création d’une banque de données de projets adaptés aux moyens et priorités, l’assistance et l’appui des collectivités locales, le rôle de locomotive de développement durable, une gestion moderne et de proximité, une interprétation positive de la réglementation, une approche volontariste et entreprenante, une ouverture capitalisant les expériences des autres et s’appuyant sur la formation continue, une plate-forme régionale pour l’élaboration du code de l’urbanisme.

Il s’agit plutôt d’un cadre général unifié qui s’appuie sur progrès et initiative. Mais l’occasion donnée par la lettre Royale pour le renforcement des moyens et des prérogatives est une véritable révolution dans l’approche du phénomène urbanistique par les Agences Urbaines du Maroc, conclut le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. Parmi les recommandations les plus pertinentes qui ont couronné les travaux de cette première rencontre de Fès : La bénédiction des contacts de ces journées par l’unification des visions entre Agences Urbaines de France et du Maroc à travers l’inauguration d’une étape de coopération et partenariats, revoir le rôle des A.U.M et leur confier de nouvelles tâches dictées par la nouvelle orientation du secteur, l’organisation dans les six mois à venir d’une rencontre des A.U.M. focalisée sur la réforme des lois, organisant le secteur de l’urbanisme, consignation des travaux de la rencontre et approfondissement de la réflexion et du débat autour des thèmes qui ont été abordés.

Plusieurs accords de partenariat ont été par ailleurs conclus entre Agences Urbaines françaises et marocaines, d’une part, et entre Agences Urbaines et institutions nationales, d’autre part.

Une conférence de presse présidée par M. Abderrahmane Achrafi, en présence de M. Lahlimi Mohamed (AUS Fès) a été organisée au terme de la première rencontre des A.U. du Maroc.

Anas Lahrichi