27 septembre 07

Urbanisme

Après des années de réflexion, une inflation de rapports, dont la pléthore confine au gaspillage, d’idées et de budgets, l’urbanisme casablancais s’attend à des jours meilleurs après avoir été largement empirique.

Le schéma directeur, annoncé pour décembre, va dans la logique des choses. Il est impensable qu’une ville de l’importance de Casablanca puisse se développer sans feuille de route. De nouvelles zones de redéploiement urbain sont d’ores et déjà annoncées à l’extérieur des villes. Elles le seront dans des espaces partiellement inhabités où subsistent çà et là une agriculture résiduelle et, ou des terrains vagues. Ce n’est pas encore gagné. D’abord, sur de nombreux projets locaux, nous avons été tellement blasés par ces déclarations d’intention et ces listes de recommandations sans lendemain. Ensuite, le schéma directeur part déjà avec un handicap, c’est qu’il doit composer avec les coups partis suivant les logiques propres à chaque époque et qui ont fait de la ville une véritable jungle où il ne fait pas forcément bon vivre.

Pour répondre à une demande croissante de logements, la tentation a été forte d’agrandir le périmètre urbain sans jamais refuser de dérogation. Pendant des années les règlements de construction furent appliqués pour autoriser les promoteurs à construire au hasard des emplacements. Et au bout du compte, une facture chèrement payée: des quartiers laids, où l’immeuble côtoie la villa, le haut standing le bidonville, où l’embellissement, la quiétude, la mixité urbaine sont de vains mots, où les «ingénieurs» sont incapables de penser une réponse à l’enfer des transports, de la circulation, où aucun élu n’a assez de courage pour imposer dans sa commune 10 m2 de verdure… Car tout le challenge est là: rendre la ville plus agréable tant pour sa population que ses visiteurs.

Mohamed BENABID