15 mars 2007

Oujda lance sa police de l’urbanisme

· Objectifs: Traquer les constructions illégales ou non conformes

· Une soixantaine de personnes affectées à ce service

L’Oriental et sa capitale Oujda veulent mettre de l’ordre dans les domaines d’urbanisme et d’habitat. C’est ce qu’a annoncé le wali, Mohamed Brahimi, le 11 mars dernier à l’occasion de l’ouverture du salon dédié au Fonds de financement, Fogarim. Ainsi, la ville s’est dotée d’une police de l’urbanisme. Elle sera opérationnelle d’ici peu et aura pour objectif de «traquer les fraudeurs» et les constructions non conformes ou illégales. Un budget de 3 millions de DH a été affecté à ce service qui sera composé d’une soixantaine de personnes. Il s’agit aussi d’accompagner les efforts réalisés en matière d’habitat et d’urbanisme. De fait, la région de l’Oriental qui a fait un bond remarquable entend consolider ses acquis. Le bilan des réalisations portant sur la période 2002-2006 le confirme. En effet, l’Oriental a bénéficié d’un investissement public global de 4,9 milliards de DH, dont 2,4 milliards relatifs à des projets subventionnés. La contribution du ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme s’élève à plus de 600 millions de DH, soit 25%. Cet investissement a permis la réalisation de 37.899 logements dans les différentes villes de la région. Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de lutte contre l’habitat sous-intégré ou menaçant ruine et les bidonvilles. A noter que le programme de mise à niveau des quartiers sous-équipés a concerné 12 villes de l’Oriental et touché 40.000 ménages, dont 25.000 à Oujda pour un montant total de 272 millions de DH.

La requalification urbaine, financée à plus d’un milliard 6 millions de DH, a profité à 4 villes (Taourirt, Berkane, Saïdia et Oujda). En outre, les programmes zones d’aménagement progressif (ZAP) ont permis de réaliser 3.947 unités dans 25 communes, dont 17 rurales pour un investissement de plus de 131 millions de DH. Un projet pris en charge totalement par le ministère de tutelle. A Tandrara dans la province de Figuig, un centre d’émergence a permis la création de deux ZAP englobant 229 lots pour un coût d’environ 10 millions de DH. Par ailleurs, la construction de la faculté pluridisciplinaire de Nador, édifiée sur une superficie totale de 10 hectares, a nécessité un investissement de 100 millions de DH .

Ces réalisations ont été mises en exergue par Toufik Hjira, ministre délégué, lors de la signature d’une convention de partenariat entre son département et la Chambre de commerce, d’industrie et de services d’Oujda. A cette occasion, Hjira n’a pas mâché ses mots. «Nous ne sommes pas du tout satisfait de l’urbanisme dans notre pays», déplore-t-il en énumérant les dysfonctionnements et fustigeant la corruption qui gangrène le secteur. De son côté, le wali a mis en exergue le dynamisme du secteur. Il a également appelé toutes les parties concernées à œuvrer pour «un urbanisme opérationnel». Enfin, les responsables locaux invitent les entrepreneurs à investir dans la région. Selon eux, celle-ci dispose d’une réserve foncière importante et demeure très attractive en matière de prix.

Requalification

La région de l’Oriental s’est dotée de documents d’urbanisme afin de mener à bien son programme de requalification urbaine. Ainsi, 39 plans d’aménagement, 175 plans de redressement et 73 études générales ou sectorielles ont été réalisés. Ce concerne notamment les villes de Taourirt, Berkane, Saïdia et Oujda.

De notre correspondant,
Mohammed Zerhoudi