10 mai 2007
Corriger
Le Maroc s’est-il enfin décidé à faire le ménage dans son urbanisme?
Un domaine dans lequel il traîne les pieds depuis trop longtemps. Pourtant, l’alerte a été donnée par le Souverain il y a un an et demi. La lettre royale, qui avait retenti comme un avertissement à l’anarchie et au désordre régnant dans le secteur, a servi de référence et feuille de route à la réflexion. Le nouveau projet de code de l’urbanisme se veut l’un des plus grands chantiers de réforme pour le développement du pays des 30 prochaines années. L’objectif est de corriger les erreurs du passé et d’ouvrir l’urbanisme de nos villes et nos campagnes sur la modernité et la compétition des territoires. De même, renforcer la démocratie locale en accordant plus d’attributions aux communes.
Mais, attention, il faut surtout éviter de reproduire le schéma dominant. Nos quartiers sont laids, très laids pour beaucoup d’entre eux, désordonnés et ne répondent à aucune logique rationnelle ou d’esthétisme pour la vie des citoyens. La spéculation et la course à l’urbanisme de rente ont défiguré nos espaces. Il faut aussi y ajouter la corruption et les malversations. Dans ce spectacle tragique, nos élus assument une grande responsabilité. Ils ont construit leur popularité sur le commerce de l’habitat insalubre, des fortunes colossales sur la misère des petites gens. Certains ont délivré des permis d’habiter à des immeubles qui menacent ruine. D’autres responsables ont organisé des bidonvilles entiers, décisifs le jour des élections. Tout cela, en toute impunité.
Et c’est tout cela qui doit aujourd’hui cesser. En attendant le texte, il est urgent de casser l’engrenage. Histoire de préparer le terrain…
Mohamed CHAOUI